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Kenscoff : le NGLIPES appelle à une refonte de l’architecture sécuritaire de l’État

Au lendemain du drame survenu dans la localité de Kenscoff, dans la nuit du 23 au 24 août, le NGLIPES appelle les autorités haïtiennes à tirer les leçons de cette nouvelle attaque des groupes armés et à adopter des mesures structurelles pour mieux protéger la population et les agents des forces de l’ordre.

Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre, le président du NGLIPES, Wadner Louis, estime qu’il est urgent de revoir l’architecture, la doctrine et les méthodes de sécurité de l’État haïtien. Selon lui, l’objectif doit être de renforcer la capacité des institutions à détecter, analyser et intercepter les menaces, tout en améliorant le taux de réussite des opérations engagées contre les groupes armés.

L’organisation avance cinq axes prioritaires pour renforcer la sécurité nationale.

Le premier concerne la mise en place d’un réseau efficace de renseignement capable de collecter et d’analyser les informations afin d’identifier les réseaux criminels, leurs mouvements, leurs capacités opérationnelles ainsi que leurs sources d’approvisionnement en armes et en munitions. Le NGLIPES préconise notamment une analyse stratégique approfondie de la situation à Kenscoff, fondée sur le renseignement territorial, la prévention, la surveillance des axes stratégiques et la protection de la population.

Le deuxième axe porte sur la lutte contre le trafic d’armes. Le NGLIPES souhaite la création d’un mécanisme régional permettant à Haïti de travailler davantage avec ses partenaires afin de combattre les réseaux d’approvisionnement en armes et en munitions, notamment à travers le partage de renseignements et le renforcement du contrôle des frontières.

L’organisation recommande également la création d’un Conseil national de sécurité. Cette structure, selon le NGLIPES, contribuerait à renforcer la cohérence de la politique nationale de sécurité et à améliorer la capacité de l’État à anticiper et à gérer les crises.

Le quatrième axe concerne la rationalisation de l’administration publique et des subventions. Pour le NGLIPES, une meilleure utilisation des ressources publiques est indispensable afin de permettre à l’État de consacrer davantage de moyens aux secteurs prioritaires, notamment la sécurité et la protection de la population.

Enfin, l’organisation plaide pour une restructuration de la défense nationale, reposant principalement sur le renseignement et sur la capacité des institutions à réagir rapidement face aux crises.

Selon la structure, la tragédie de Kenscoff doit constituer un véritable point de repère pour les autorités. Elle devrait pousser l’État à revoir ses mécanismes de prévention et d’intervention afin d’éviter que les populations et les policiers ne soient davantage exposés lors des attaques des groupes armés.

À travers cette lettre ouverte, le NGLIPES invite ainsi le gouvernement à dépasser les réponses ponctuelles et à mettre en place une stratégie sécuritaire durable, fondée sur l’anticipation, le renseignement, la coordination institutionnelle et la protection des territoires encore sous contrôle de l’État.

Jean Simon Steve Pierre