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Rapatriements : la chancellerie haïtienne aux abonnés absents

Les États-Unis d’Amérique poursuivent le rapatriement de migrants haïtiens. Un quatrième vol de déportation est effectué ce jeudi à l’aéroport international du Cap-Haïtien, depuis le premier vol du 27 juillet dernier.

Alors que Washington assume une politique migratoire de plus en plus restrictive et que les conditions de détention des migrants font l’objet de critiques, la chancellerie haïtienne semble peiner à faire entendre une position ferme sur le traitement réservé aux ressortissants haïtiens.

La situation est d’autant plus préoccupante que ces retours interviennent dans un contexte où l’insécurité demeure particulièrement élevée en Haïti. Kidnappings, assassinats, violences armées et exactions continuent d’être rapportés dans plusieurs régions du pays.

Pourtant, la ministre des Affaires étrangères, Raïna Forbin, évoque des progrès sécuritaires, un argument également utilisé pour justifier les expulsions. Cette lecture contraste avec les inquiétudes exprimées quotidiennement par la population.

Au-delà du discours diplomatique, une question demeure : quel dispositif l’État haïtien a-t-il prévu pour accueillir ces migrants ? Leurs identités et leurs antécédents ont-ils été vérifiés ? La chancellerie a-t-elle réellement négocié des garanties pour leur protection ?

Face à une diplomatie américaine qui défend clairement ses intérêts, la faiblesse de la réponse haïtienne interroge. La chancellerie devrait-elle davantage défendre les ressortissants haïtiens au lieu de simplement accompagner les décisions de Washington ?

Dieunel Bellegarde