Après le kidnapping du directeur de cabinet du ministre de la Défense, James Boyard, une autre haute fonctionnaire de l’administration publique vient d’être enlevée. Stéphanie Paultre, directrice générale de l’Office national pour les partenariats en éducation (ONAPE), aurait été kidnappée en compagnie de l’avocat Me Caleb Jean-Baptiste et de deux policiers. Le rapt aurait été orchestré par des membres du gang « Kokorat San Ras », sur la route des Dattes, non loin des Gonaïves.
Cet incident, impliquant une responsable de l’administration publique, place une nouvelle fois le gouvernement dans une posture particulièrement délicate. Il met surtout en lumière l’absence de contrôle effectif de l’État dans plusieurs territoires du pays, désormais sous l’influence de groupes armés.
Face à la dégradation continue de la situation sécuritaire, l’État haïtien peine à apporter une réponse efficace. La Police nationale d’Haïti (PNH), malgré l’appui de la Force de répression des gangs (FRG), se retrouve confrontée à d’importantes difficultés. L’absence d’une politique publique de sécurité clairement définie, conjuguée au manque de ressources matérielles et humaines, limite considérablement sa capacité à répondre efficacement aux différents fronts ouverts par les groupes criminels.
Plus d’un an après son accession à la tête de la PNH, Vladimir Paraison semble privilégier le silence alors que l’insécurité frappe désormais jusque dans les rangs de l’administration publique et touche des personnes qui, en raison de leur statut, devraient théoriquement bénéficier d’un niveau de protection accru.
Si les autorités ne parviennent pas à garantir la sécurité de hauts responsables de l’État et de leurs proches, qu’en est-il du simple citoyen ? Comment continuer à promettre la sécurité à la population alors que les groupes armés continuent de kidnapper, de violer et de tuer en toute impunité ?
Ce nouvel épisode révèle une fois de plus les limites, voire l’incapacité, des autorités compétentes à assurer la protection de la population. La dégradation du contexte sécuritaire en Haïti exige désormais la mise en place d’un véritable plan global de sécurité couvrant l’ensemble du territoire national.
Il devient urgent que des mesures concrètes soient prises pour enrayer cette spirale de violence et mettre fin à l’impunité. La population ne peut continuer à payer de son sang le prix du laxisme et de l’inaction des autorités.
Dieunel Bellegarde





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