Les manifestations de colère des automobilistes s’intensifient depuis plusieurs semaines. Ces derniers imputent les dommages causés à leurs véhicules à la mauvaise qualité du carburant vendu sur le marché. Ces consommateurs se disent préoccupés par le silence du ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) face à l’évolution de ce phénomène.
Les témoignages se font de plus en plus récurrents. Des automobilistes affirment que le carburant distribué dans plusieurs stations-service serait de mauvaise qualité. Après avoir consommé ce produit pétrolier, ils disent avoir constaté divers préjudices sur leurs véhicules.
Face à cette situation, des chauffeurs de transport en commun et des propriétaires de véhicules, qui se présentent comme des victimes, pointent du doigt le ministère du Commerce et de l’Industrie, dirigé par James Monazard. Selon eux, aucun contrôle systématique de la qualité des produits ne serait effectué par le MCI afin de garantir la protection des droits des consommateurs.
Cet épisode concernant la qualité des produits pétroliers intervient après plusieurs alertes relatives à la mise en vente de produits avariés sur le marché haïtien. Des clients ont notamment affirmé que certains supermarchés auraient falsifié les dates d’expiration de produits exposés dans leurs rayons.
Plus préoccupant encore, le ministre du Commerce avait lui-même affirmé que plus de 80 % des eaux en sachet commercialisées sur le marché seraient de mauvaise qualité et que des analyses auraient détecté des particules issues de déchets humains.
Plusieurs mois après cette déclaration qui avait défrayé la chronique, l’eau en sachet demeure pourtant l’une des principales sources d’approvisionnement en eau d’une partie de la population. Le constat interpelle : aucune mesure notable ne semble avoir été prise pour remédier durablement à cette situation. Aucune sanction publique clairement établie ne semble avoir été annoncée à l’encontre des entreprises concernées, alors même que leur activité commerciale se poursuit.
Alors que les droits des consommateurs sont régulièrement dénoncés comme étant bafoués, la direction chargée du contrôle de la qualité au sein du ministère semble, elle aussi, faire l’objet de nombreuses interrogations. Les missions du MCI se limitent-elles à informer la population sur la nature des produits en circulation sur le marché ? Pourquoi, malgré les appels répétés et les déclarations officielles, aucun mécanisme de contrôle plus rigoureux ne semble-t-il être durablement enclenché ? L’intérêt des vendeurs aurait-il fini par primer sur celui de la population, dont les autorités sont censées être les serviteurs ?
L’épisode des produits pétroliers présumés de mauvaise qualité n’est donc pas un cas isolé. Il pourrait être révélateur, plus largement, des failles dans les mécanismes de contrôle des autorités compétentes sur les produits destinés à la consommation de la population.
Face à ces préoccupations, il devient urgent que des dispositions concrètes soient prises pour renforcer les contrôles, établir les responsabilités et protéger effectivement les consommateurs. À défaut, la multiplication de tels épisodes pourrait exposer la population à des conséquences dont l’ampleur pourrait être considérable.
Dieunel Bellegarde





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