Le Groupe d’action pour le progrès (GAPH), ANN KANPE, le Mouvement de la jeunesse pour une nouvelle Haïti (MJNH) et Action et justice pour l’intégration des femmes (AJIFEMMES) appellent le gouvernement haïtien à remobiliser la Commission Vérité, Justice et Réparation (CVJR) et à mettre en place un mécanisme chargé d’évaluer les dommages causés par les violences armées dans le pays.
Dans une correspondance adressée aux autorités, ces quatre organisations plaident en faveur de la justice transitionnelle et d’un meilleur accompagnement des victimes de la crise humanitaire. Elles estiment que la relance effective de la CVJR est indispensable pour garantir aux personnes affectées un cadre institutionnel de reconnaissance, de justice et de réparation.
Les signataires soulignent l’ampleur des destructions matérielles et des pertes économiques enregistrées dans plusieurs régions du pays. Ils invitent ainsi le gouvernement à concrétiser l’orientation consacrée par un arrêté adopté en Conseil des ministres le 18 septembre 2024, en favorisant la remobilisation et l’opérationnalisation de la commission.
Au-delà de cette relance, GAPH, ANN KANPE, le MJNH et AJIFEMMES proposent la création d’un organe technique rattaché à la CVJR, dénommé « Bureau d’Évaluation et de Quantification des Dommages pour la Réparation des Victimes » (BEQDRV).
Cette structure aurait pour mission de constituer une base documentaire nationale sur les conséquences des violences armées. Elle serait notamment chargée de recenser et de quantifier les préjudices matériels et économiques subis par les individus et les collectivités, afin de mieux mesurer l’impact de la crise sécuritaire.
Le bureau devrait également évaluer les besoins en matière d’indemnisation et de relocalisation des personnes déplacées internes (PDI). Les organisations souhaitent que ces démarches s’inscrivent dans le respect des Principes directeurs des Nations unies relatifs au déplacement de personnes à l’intérieur de leur propre pays, notamment les dispositions de l’article 29.
À travers ces propositions, les quatre organisations entendent promouvoir une réponse institutionnelle structurée aux conséquences des violences armées. Leur démarche vise à faire de la justice transitionnelle un levier concret de reconnaissance des préjudices et de réparation en faveur des populations touchées par la crise.
Elles placent ainsi le gouvernement face à la nécessité de traduire les engagements institutionnels en mécanismes opérationnels capables de documenter les pertes, d’évaluer les besoins et de contribuer à la réparation des victimes.
La Rédaction





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