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L’Opposition progressiste annonce des consultations en vue d’une recomposition du pouvoir

L’organisation des élections en Haïti continue de susciter des divergences au sein de la classe politique. Alors que le Conseil électoral provisoire (CEP) maintient le cap sur un processus électoral dont le calendrier a été récemment prolongé, l’Opposition progressiste plaide pour une alternative politique. Le regroupement annonce des consultations avec plusieurs secteurs de la société en vue de promouvoir une nouvelle formule de gouvernance, fondée sur un exécutif bicéphale composé de personnalités jugées intègres, compétentes et responsables.

Pour cette structure politique, les conditions actuelles ne permettent pas d’envisager des élections crédibles et transparentes. Elle estime que les autorités en place ont échoué dans leur mission de rétablissement de la sécurité et de création d’un environnement propice à la tenue du scrutin. Elle remet également en question l’indépendance du CEP, qu’elle accuse de se soumettre aux orientations de la Primature.

Au-delà des incertitudes électorales, l’Opposition progressiste pointe du doigt la fragilité de l’autorité de l’État, notamment à la lumière de la disparition des soldats salvadoriens. Elle dénonce le déploiement de militaires du Salvador dans les opérations de recherche de leurs ressortissants, alors que les forces de sécurité haïtiennes et la Force de répression des gangs semblent reléguées au second plan. Une situation que le regroupement considère comme révélatrice de l’affaiblissement de la souveraineté nationale.

Dans ce contexte, les responsables politiques rejettent ce qu’ils qualifient de « mensonge d’État », estimant que la poursuite du processus électoral constitue une fuite en avant. Ils considèrent qu’une transition politique renouvelée devrait d’abord permettre de restaurer l’autorité de l’État, de rétablir la sécurité et de réunir les conditions indispensables à la tenue d’élections légitimes.

L’Opposition progressiste affirme ainsi avoir engagé, depuis plusieurs semaines, des consultations avec les forces vives et différents secteurs de la société haïtienne. Ces démarches viseraient à jeter les bases d’une gouvernance de rupture, capable de remembrer l’État, de répondre à la crise sécuritaire et de conduire le pays vers un scrutin crédible.

En contestant la légitimité morale et politique des autorités actuelles, le regroupement entend donc placer la question de la recomposition du pouvoir au cœur du débat national. Reste à savoir si cette initiative parviendra à fédérer suffisamment d’acteurs politiques et sociaux autour de son projet de transition.

Dieunel Bellegarde