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Élections 2026 : Barthélemy Guibert remet en cause l’adhésion du CAHDOA à VIKTWA

À quelques mois des prochaines échéances électorales en Haïti, les débats autour des alliances politiques, de la sélection des candidats et de la transparence des regroupements prennent une nouvelle dimension. Dans une entrevue accordée ce vendredi à notre rédaction, le président du Collectif des Acteurs Haïtiens pour le Développement et l’Organisation Alternative (CAHDOA), Dr Barthélemy Guibert, affirme ne pas reconnaître la décision ayant conduit au rattachement de sa formation à la plateforme politique VIKTWA.

Port-au-Prince, 18 septembre 2026

Selon lui, aucune résolution formelle n’aurait été adoptée par les instances dirigeantes du CAHDOA pour autoriser une telle adhésion. Une contestation qui intervient alors que VIKTWA a déjà franchi plusieurs étapes dans la préparation des prochaines élections, notamment avec la désignation de Wilner Joseph comme candidat à la présidence à l’issue d’une primaire interne organisée le 10 septembre à Pétion-Ville.

Guibert invoque l’autorité des instances du CAHDOA

Barthélemy Guibert affirme que le CAHDOA avait entrepris des démarches afin de participer aux prochaines élections sous sa propre bannière. Il conteste donc toute décision qui aurait engagé la structure dans une alliance avec VIKTWA sans validation préalable de ses organes dirigeants.

« Je suis le président du parti. Si le parti doit intégrer une plateforme, c’est à moi de signer, après que les membres du bureau, qui sont au nombre de 15, auront adopté une résolution en ce sens », soutient-il.

Le dirigeant politique assure que le directoire du CAHDOA n’aurait tenu aucune réunion officielle avec les responsables de VIKTWA pour décider de cette intégration.

La contestation porte ainsi moins, selon son récit, sur le principe même d’une alliance politique que sur la procédure qui aurait conduit à l’engagement du CAHDOA au sein de VIKTWA.

Une expérience politique qu’il présente comme un acquis

Pour expliquer sa position, Barthélemy Guibert revient sur son parcours politique. Il affirme avoir été actif au sein de Fanmi Lavalas et avoir occupé la fonction de commissaire départemental entre 1996 et 2000.

Il indique également avoir été candidat à deux reprises au Sénat pour le département de la Grande-Anse.

À ses yeux, la participation à une compétition électorale ne doit pas être réduite à une recherche de pouvoir.

« Je ne vois pas le Sénat comme un poste, mais plutôt comme une contribution pour servir mon pays », affirme-t-il.

Il estime que ses différentes expériences lui ont permis de mieux comprendre les rapports de force et les mécanismes qui entourent la vie politique haïtienne.

Le CAHDOA, une structure née d’un choix politique

Barthélemy Guibert explique avoir été approché par plusieurs formations politiques qui souhaitaient le voir porter leurs couleurs dans la perspective des prochaines élections.

Il affirme cependant avoir choisi de ne pas rejoindre l’une de ces organisations et d’opter plutôt pour la création d’une nouvelle structure politique.

Le CAHDOA aurait ainsi été constitué à la suite d’échanges avec plusieurs collègues et partenaires. Guibert indique avoir ensuite été choisi par l’assemblée générale pour en assurer la présidence.

Sur ses relations avec le pouvoir en place, il soutient que le directoire du CAHDOA n’a jamais organisé de rencontre officielle avec le gouvernement. Il reconnaît toutefois que certains membres du collectif entretiennent des rapports avec des personnalités proches du pouvoir.

Une lecture internationale de la crise haïtienne

Dans son analyse de la situation nationale, le président du CAHDOA estime que la crise haïtienne ne peut être comprise exclusivement à travers les dynamiques internes du pays.

Il considère que les acteurs internationaux jouent également un rôle dans l’évolution de la crise et dans certaines orientations politiques prises en Haïti.

Cette lecture, précise-t-il, est notamment nourrie par son expérience dans la vie politique et électorale.

La primaire de VIKTWA au centre des interrogations

Barthélemy Guibert évoque également la primaire organisée par VIKTWA à l’hôtel Kinam, à Pétion-Ville, pour désigner son candidat à la présidentielle.

Selon les résultats communiqués par le regroupement, Wilner Joseph a obtenu 39 voix sur les 43 suffrages exprimés, contre trois voix pour Jean Nerva Siméon, avec un bulletin blanc. VIKTWA affirme compter 52 partis et structures politiques membres.

Guibert affirme toutefois avoir été témoin d’un incident au cours duquel une participante aurait manifesté son soutien à un autre prétendant avant de faire face à une réaction hostile.

Ce récit, présenté par le président du CAHDOA, n’a pas été corroboré indépendamment.

Wilner Joseph a depuis enregistré sa candidature auprès du Conseil électoral provisoire (CEP), sous la bannière de VIKTWA, le 15 septembre. Cette démarche constitue une étape administrative et ne préjuge pas, à elle seule, de la validation définitive de sa candidature.

Le dossier de la Grande-Anse

L’ancien sénateur de la Grande-Anse Sorel Jacinthe est également évoqué dans l’intervention de Barthélemy Guibert.

Le président du CAHDOA affirme que Jacinthe aurait joué un rôle dans la sélection de candidats dans le département, notamment pour les prochaines élections législatives.

Il avance notamment que plusieurs candidatures à la députation auraient été concernées.

Ces affirmations relèvent toutefois du témoignage de Barthélemy Guibert et n’ont pas été accompagnées, dans l’entretien rapporté, de documents permettant de les vérifier indépendamment. Elles appellent donc une réaction des responsables de VIKTWA et des personnalités citées.

Le financement électoral, autre sujet de préoccupation

Au-delà des querelles d’alliances, Barthélemy Guibert dénonce ce qu’il considère comme l’importance excessive de l’argent dans la compétition politique.

Selon lui, les moyens financiers ne devraient pas constituer le principal critère permettant à un candidat de s’imposer auprès des électeurs.

Il invite ainsi les citoyens à examiner davantage le parcours, les compétences, l’intégrité et les propositions des prétendants.

« Le peuple doit changer sa conception en posant un acte patriotique pour éviter de donner le pouvoir aux plus mafieux », déclare-t-il.

Le « syndicat de vote » comme outil citoyen

Pour renforcer la participation citoyenne, le président du CAHDOA propose la création de ce qu’il appelle un « syndicat de vote ».

L’idée consisterait à réunir des citoyens afin d’étudier les profils des candidats, leurs parcours et leurs engagements avant de décider collectivement de leur accorder ou non leur soutien.

À travers cette proposition, Guibert souhaite notamment que les électeurs accordent davantage de poids à l’intégrité et à la capacité de servir la collectivité qu’aux ressources financières disponibles pour une campagne.

La sécurité au cœur des préoccupations

La question sécuritaire constitue également un volet important de son intervention.

Barthélemy Guibert s’interroge sur les conditions concrètes dans lesquelles les candidats pourront mener leurs activités politiques et les électeurs se rendre aux urnes dans les zones affectées par les violences.

Il évoque notamment la circulation des candidats, l’organisation des rassemblements, la protection des militants et l’accès aux centres de vote.

Pour lui, la question de la sécurité demeure donc étroitement liée à celle de la crédibilité du prochain scrutin.

Une contestation qui ouvre un débat sur les alliances politiques

À travers sa prise de position, Barthélemy Guibert remet au premier plan la question de la gouvernance interne des formations politiques et de la légitimité des décisions engageant leurs structures.

Sa contestation du rattachement du CAHDOA à VIKTWA intervient alors que cette plateforme poursuit sa préparation électorale et a déjà choisi Wilner Joseph comme candidat à la présidence.

Au-delà du cas particulier du CAHDOA, cette affaire soulève une question plus large : dans quelle mesure les alliances électorales doivent-elles être validées par les instances internes des partis avant d’engager officiellement leurs structures ?

Alors que les formations politiques accélèrent leur organisation en vue des prochaines échéances, les débats sur la transparence des alliances, la sélection des candidats, le financement des campagnes et les conditions sécuritaires pourraient continuer à occuper une place importante dans la vie politique haïtienne.

La Rédaction