Face aux dérives dénoncées du pouvoir en place et à l’enlisement de la transition, des organisations politiques et de la société civile du Grand Nord entendent peser dans la recherche d’une nouvelle issue politique à la crise. Réunies le vendredi 30 octobre au Cap-Haïtien, à l’initiative du Kolektif Popilè Nò (KPN), plus d’une trentaine d’organisations ont adopté une résolution préconisant la mise en place d’un exécutif bicéphale, présenté comme une alternative à l’actuelle gouvernance.
La proposition repose sur la désignation d’un président et d’un Premier ministre issus de la société civile. Les deux personnalités devraient répondre à des critères de probité, jouir d’une bonne réputation et n’entretenir aucun lien avec les groupes criminels. Pour les organisations signataires, cette formule devrait permettre de restaurer la crédibilité de l’action publique et de favoriser une transition fondée sur l’intégrité, l’indépendance et le consensus.
Au-delà de la composition du nouvel exécutif, les participants aux assises ont également insisté sur la nécessité d’instaurer des mécanismes de contrôle de l’action gouvernementale. Un accord politique devrait notamment préciser les modalités de désignation des autorités, leurs responsabilités respectives, les mécanismes de coordination institutionnelle ainsi que les dispositifs de transparence et de reddition de comptes.
Pour faire avancer cette proposition au-delà des frontières du Grand Nord, une commission a été constituée. Elle aura pour mission d’engager des consultations avec les autres acteurs concernés par la crise et de défendre les résolutions adoptées lors des assises. Cette démarche vise à élargir le dialogue politique et à favoriser l’émergence d’un compromis national autour d’une solution présentée comme haïtienne, inclusive et durable.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la multiplication des gouvernements de transition, sans résultats significatifs sur les principaux défis auxquels le pays est confronté. Entre insécurité persistante, corruption dénoncée et affaiblissement des institutions, la gouvernance actuelle peine à convaincre. En proposant un nouvel agencement du pouvoir assorti de mécanismes de surveillance, les organisations du Grand Nord entendent ainsi remettre au centre du débat la question de la légitimité, de la responsabilité et du contrôle des autorités de transition.
Reste à savoir si cette proposition parviendra à rallier les autres forces politiques et sociales du pays et à dépasser le cadre d’une résolution régionale pour devenir une véritable alternative nationale.
Dieunel BELLEGARDE





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