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Haïti Devant dénonce une “mainmise du pouvoir” autour du pacte d’entente nationale


Port-au-Prince, 6 avril 2026 — Le parti politique Haïti Devant tire la sonnette d’alarme face à ce qu’il qualifie de dérives graves dans la mise en œuvre du pacte d’entente nationale pour la stabilité et les élections. Dans un document rendu public, la structure politique accuse les initiateurs et signataires de cet accord de privilégier des intérêts personnels au détriment de l’intérêt collectif.


Profitant de l’exercice des bons offices du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), dans le cadre de son appui au processus politique et électoral, Haïti Devant affirme avoir mis en lumière des « manœuvres politiciennes tacites » dissimulées dans le pacte, pourtant entériné par le pouvoir exécutif. Selon le parti, certaines omissions dans le document seraient délibérées et viseraient à faciliter un partage stratégique de l’administration publique.


Représentée par son coordinateur national, Roberto Eriscar, l’organisation souligne plusieurs incohérences dès les premières dispositions de l’accord. Elle s’étonne notamment de l’absence de dates précises dans le calendrier de la transition, pourtant censé être lié au calendrier électoral. Une omission que le parti interprète comme une tentative de laisser la porte ouverte à des modifications discrétionnaires, susceptibles de prolonger indéfiniment la transition.


Autre point de discorde : le non-respect des dispositions relatives à la mise en place du comité de suivi, chargé d’encadrer l’action gouvernementale durant la transition. Selon Haïti Devant, cette instance, prévue par l’article 26 du pacte, n’a toujours pas été installée, en violation des engagements pris.


Le parti critique également la création d’un comité ad hoc destiné à instaurer un dialogue permanent. Une initiative qu’il juge redondante et coûteuse, rappelant qu’un mécanisme similaire, instauré par l’Accord du 3 avril 2024 et officialisé par décret en juillet de la même année, avait englouti des millions de gourdes avant d’être abrogé en octobre 2025.


Face à la délégation du Secrétariat général de l’ONU, Haïti Devant a exprimé ses préoccupations quant à l’incapacité des autorités à tirer les leçons du passé, dénonçant au passage une gestion jugée préjudiciable aux finances publiques.


En guise de perspectives, le parti propose plusieurs pistes de sortie de crise. Il appelle notamment à la construction d’une alliance forte de la jeunesse, capable de contrer les pratiques de la classe politique actuelle, et à son intégration dans les espaces décisionnels. Selon l’organisation, ces mesures pourraient favoriser une transition plus transparente, limiter les risques de contestation électorale et contribuer à sortir le pays de l’impasse.


Dans un contexte de crise persistante, cette prise de position vient relancer le débat autour de la crédibilité du processus de transition et des mécanismes mis en place pour conduire le pays vers des élections jugées libres et inclusives.

Dieunel Bellegarde