Alors que l’Organisation des États américains (OEA) renforce son engagement auprès des autorités haïtiennes, la plateforme politique Delivrans l’appelle à faire preuve de prudence dans son accompagnement du processus électoral. Le regroupement estime que les conditions actuelles ne garantissent pas encore la tenue d’élections crédibles et transparentes.
Dans une correspondance adressée à l’OEA à l’occasion de la visite en Haïti de son secrétaire général, Albert Ramdin, Delivrans affirme que la situation sécuritaire demeure incompatible avec l’organisation d’un scrutin véritablement inclusif. La plateforme craint notamment que des territoires sous l’influence de groupes armés soient exclus de la compétition électorale.
Pour la vice-présidente de Delivrans, Djina Guillet Delatour, l’implication de l’OEA dans un processus qui ne tiendrait pas compte de cette réalité pourrait contribuer à approfondir la crise. Elle prévient ainsi l’organisation régionale contre toute collaboration susceptible, selon elle, de légitimer un scrutin dont les conditions de réalisation seraient contestables.
Le regroupement politique formule également de sérieuses réserves sur les intentions du pouvoir en place. Delivrans accuse l’exécutif de chercher à tirer avantage de sa position institutionnelle pour influencer les prochaines élections. La plateforme pointe notamment l’alliance politique constituée autour du pouvoir, qui regrouperait plus d’une cinquantaine de partis et organisations.
Selon Djina Guillet Delatour, cette configuration pourrait permettre au pouvoir de bénéficier d’avantages politiques et financiers susceptibles de déséquilibrer la compétition électorale. Delivrans redoute notamment une utilisation partisane des ressources prévues pour le financement du processus.
Malgré ces inquiétudes, la plateforme affirme ne pas s’opposer au principe de la tenue d’élections. Elle réclame plutôt un processus reposant sur des garanties d’égalité, d’impartialité et d’équité entre les différents acteurs.
À travers son intervention, Delivrans cherche donc à placer la question des garanties électorales au centre des discussions avec l’OEA, au moment où l’organisation régionale évalue les conditions d’un accompagnement du processus électoral haïtien.
La Rédaction





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