Le ministre des Affaires Sociales et du Travail, Marc-Elie Nelson, veut transformer l’essai de « Klere Chimen » en politique durable. Réuni en visioconférence sous sa présidence, le Comité de pilotage stratégique (COPIL-S) du Projet de Protection Sociale Adaptative pour une Résilience Accrue (PSARA) a examiné les résultats de l’évaluation d’impact du programme. Le ministre a réaffirmé la volonté du MAST de consolider les acquis et de faire évoluer progressivement le dispositif vers un Programme national de filet social adaptatif. Ce chantier ambitieux se déroule sous les directives du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
Les résultats sont encourageants. Selon l’évaluation, les ménages bénéficiaires dépensent mieux pour leurs besoins essentiels, recourent davantage à la monnaie mobile et ont un meilleur accès aux soins. Elle relève aussi un renforcement de l’épargne et de l’autonomie financière des femmes. Mais le bilan n’est pas sans ombres : des ajustements s’imposent en matière de résilience économique durable, de santé et de nutrition. Le MAST dit vouloir tirer les leçons de cette évaluation pour améliorer ses prochaines interventions et renforcer l’accompagnement des bénéficiaires.
Présenté par la coordonnatrice nationale de l’UGP-MAST, Ingrid Mirlanda Delva, le PSARA s’étend sur huit ans et couvre 14 communes de la Grand’Anse et 11 communes du Sud. Son objectif est de distribuer des transferts monétaires aux populations ciblées et de poser les bases d’un système de protection sociale capable de répondre aux chocs, conformément à la Politique nationale de protection et de promotion sociales (PNPPS). Le Coordonnateur de l’Unité d’Étude et Programmation du MAST, Lucny Cadet, a pour sa part fait le point sur le PROPIPED, qui vise l’inclusion économique des personnes handicapées. Il a insisté sur les réformes institutionnelles, au premier rang desquelles le SIMAST, appelé à devenir un Registre social national dynamique et intégré pour le ciblage, la planification et la coordination des programmes sociaux.
Le pilotage de cette évolution repose sur une approche concertée. Le MAST assure la coordination avec le Ministère de la Santé publique et de la Population, la Protection civile, l’Office national d’identification, le Ministère de l’Économie et des Finances et le Bureau du Secrétaire d’État à l’Intégration des Personnes Handicapées. La rencontre a réuni plusieurs partenaires techniques et financiers : la Banque mondiale, représentée notamment par sa directrice pays Anne Lucie Lefebre, la Coopération suisse et le Programme alimentaire mondial. La Directrice générale du MAST, Marie Hérolle Michel, et le chef du PROPIPED, Pascal Jaupart, étaient également présents. Les échanges ont aussi porté sur l’inclusion des personnes déplacées internes, qui occupe une place importante dans les perspectives présentées.
En clôture, Marc-Elie Nelson a demandé que les orientations retenues se traduisent en actions concrètes, avec des responsabilités clairement définies, une feuille de route, des échéances précises et un mécanisme de suivi. Il a aussi insisté sur la régularité des réunions du COPIL-S. Reste à savoir si ces engagements survivront à l’épreuve du terrain. Dans un pays où les chocs se succèdent et où les déplacés se comptent en nombre croissant, un filet social ne vaut que par sa capacité à tenir quand tout vacille, et c’est sur cette promesse que le MAST sera jugé.
Bob landers Souffrant





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