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L’Opposition Progressiste juge « inutile » la participation d’Alix Didier Fils-Aimé à l’Assemblée générale de l’ONU

À l’approche de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, l’Opposition Progressiste monte au créneau contre le déplacement annoncé du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à New York. Dans une lettre ouverte adressée au chef du gouvernement, cette structure qualifie le voyage d’« totalement inutile » et réclame une reddition de comptes sur la gestion de la transition.

Selon l’Opposition Progressiste, la présence du Premier ministre à la tribune internationale serait difficilement justifiable au regard de la situation actuelle du pays. L’organisation estime qu’il existe un « fossé » entre les discours officiels présentés à l’étranger et la réalité vécue quotidiennement par la population haïtienne, marquée notamment par l’insécurité, la précarité économique et la crise institutionnelle.

Dans sa correspondance, l’organisation d’opposition dresse un bilan particulièrement sévère de la gouvernance d’Alix Didier Fils-Aimé. Elle l’accuse d’avoir conduit le pays vers un « chaos total » et dénonce ce qu’elle considère comme un effondrement des institutions publiques. Des critiques qui interviennent alors que le gouvernement fait face à de fortes attentes concernant la sécurité et l’organisation des prochaines élections.

L’Opposition Progressiste remet également en question la légitimité du pouvoir en place. Elle conteste notamment la référence faite à l’article 149 de la Constitution pour justifier l’architecture institutionnelle actuelle, allant jusqu’à qualifier le mécanisme ayant conduit au pouvoir de « profondément illégal et illégitime ». Ces accusations relèvent de la position politique de cette organisation et constituent l’un des principaux griefs formulés dans sa lettre.

Sur le plan économique et social, l’organisation estime que la population est « prise en étau » entre la pauvreté, l’insécurité et l’emprise des groupes armés. Elle reproche également au gouvernement de privilégier les démarches diplomatiques et les déplacements internationaux au détriment d’une réponse aux urgences nationales.

L’Opposition Progressiste appelle ainsi le Premier ministre à rester en Haïti et à engager un dialogue avec les différents secteurs de la société. Pour elle, la priorité devrait être la stabilité du pays et la préparation des élections, deux responsabilités qu’elle considère comme essentielles au mandat de l’actuel gouvernement.

Au-delà de la contestation du voyage à New York, cette lettre ouverte traduit surtout une remise en cause plus large de la gouvernance de la transition. L’organisation plaide pour une nouvelle formule politique capable, selon elle, de réunir davantage de compétences et de mettre fin à une transition qu’elle juge excessivement longue.

Alors que le gouvernement cherche à maintenir le cap vers l’organisation des prochaines élections, les critiques de l’Opposition Progressiste viennent rappeler que la question de la légitimité, de la gouvernance et de la responsabilité politique demeure au cœur des débats autour de la transition haïtienne.

La Rédaction