La Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) a émis, le jeudi 5 février 2026, plusieurs avis de recherche visant des personnalités politiques et des individus réputés proches du pouvoir, dans un contexte marqué par une dégradation continue de la situation sécuritaire en Haïti.
Sont concernés par ces mesures le maire en exercice de Port-au-Prince, Ralph Youry Chévry, l’ancien député Arnel Bélizaire, ainsi qu’un dénommé Smith Joseph, présenté comme un proche d’un Conseiller-Président dont le visa américain a récemment été révoqué par les autorités de Washington pour de présumés liens avec des groupes armés.
Selon les informations communiquées par la police judiciaire, les personnes visées sont activement recherchées pour financement du terrorisme, attentat et complot contre la sûreté intérieure de l’État, association de malfaiteurs et blanchiment des avoirs. Ces accusations, particulièrement lourdes, traduisent la gravité des soupçons pesant sur ces individus dans un contexte de violences généralisées et d’emprise croissante des gangs armés.
Le cas de Ralph Youry Chévry retient une attention particulière. Ancien manager du groupe Barricade Crew, il avait déjà fait l’objet, par le passé, d’un avis de recherche pour financement de gangs armés. À l’époque, il avait été blanchi par la DCPJ, ce qui lui avait permis de reprendre ses fonctions à la tête de la mairie de Port-au-Prince. Cette nouvelle procédure relance toutefois les interrogations autour de son rôle réel dans les réseaux soupçonnés de soutenir les groupes armés.

De son côté, Arnel Bélizaire, ancien parlementaire connu pour ses positions controversées, est également recherché pour les mêmes chefs d’accusation. Quant à Smith Joseph, il est spécifiquement poursuivi pour blanchiment des avoirs et est réputé proche du Conseiller-Président Fritz Alphonse Jean, dont le visa américain a été révoqué pour des soupçons de connivence avec des groupes armés qualifiés de terroristes par certains partenaires internationaux.

Au-delà des cas individuels, ces avis de recherche mettent une nouvelle fois en lumière les soupçons persistants d’imbrication entre des acteurs de l’État, des responsables politiques et les réseaux criminels. Sans préjuger de la culpabilité des personnes mises en cause, cette affaire alimente le débat sur la responsabilité des hauts gradés de l’État dans le pourrissement progressif de la situation sécuritaire du pays.





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