L’Union européenne (UE) et l’Inde ont officialisé la signature d’un accord commercial d’envergure, dans un contexte international marqué par de fortes turbulences géopolitiques et une recrudescence des tensions commerciales, notamment sous l’effet des politiques tarifaires offensives menées par les États-Unis.
Paraphé à l’occasion de la visite en Inde de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, cet accord vient couronner des négociations entamées dès 2007. Longtemps resté en suspens, le partenariat voit finalement le jour à un moment charnière du commerce mondial, caractérisé par une remise en question des chaînes de valeur traditionnelles et une fragmentation croissante des échanges internationaux.
Cet accord s’inscrit dans une vision stratégique de long terme, accélérée par les dynamiques de reconfiguration du commerce mondial depuis la pandémie de Covid-19. Pour Bruxelles comme pour New Delhi, il représente une opportunité majeure face à une double contrainte : une dépendance persistante vis-à-vis de la Chine et la hausse des droits de douane imposée par Washington. À travers ce rapprochement, l’Union européenne et l’Inde entendent tracer une voie singulière, fondée sur la diversification des partenariats et la consolidation d’intérêts économiques communs.
Pour l’Europe, confrontée à l’érosion progressive de ses parts de marché mondiales, l’Inde apparaît comme un débouché stratégique de premier plan. Sa démographie dynamique et l’essor de sa classe moyenne offrent des perspectives attractives pour l’écoulement des produits européens. De son côté, New Delhi fait face à l’enjeu crucial de la valorisation de son dividende démographique. Afin d’éviter que la croissance rapide de sa population active ne se transforme en fardeau économique, l’Inde doit créer des emplois à un rythme soutenu.
Dans cette optique, la politique indienne d’attraction des investissements directs étrangers (IDE), destinée à renforcer son secteur manufacturier, trouve en l’Union européenne un partenaire privilégié. Déjà deuxième fournisseur de l’Inde après la Chine, l’UE consolide ainsi sa position stratégique sur le marché indien, tout en contribuant aux ambitions industrielles du pays.
Au-delà de ses retombées économiques, cet accord illustre une volonté commune de peser davantage dans la gouvernance du commerce mondial et de promouvoir un ordre commercial plus équilibré, à l’heure où les rivalités géopolitiques redessinent les rapports de force internationaux.





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