L’Initiative du 24 avril, membre central de la plateforme politique Kasasyon Nou Prale (KNP), réaffirme sa position : à partir du 7 février 2026, la transition doit être confiée à un juge de la Cour de cassation, conformément aux exigences institutionnelles et constitutionnelles du pays.

Lors d’une conférence de presse tenue le dimanche 7 décembre, le leader du mouvement, l’ancien sénateur Jean Renel Sénatus, a relayé avec force cette orientation, tout en dénonçant le comportement de certains acteurs politiques qu’il accuse de jouer au « pompier pyromane ». Selon lui, plusieurs structures participant au Conseil présidentiel de transition (CPT) tentent simultanément de se présenter comme des forces d’opposition, un « double jeu » qui, dit-il, sape la crédibilité du processus transitoire.
Me Sénatus a insisté sur le fait que l’échec du CPT est désormais évident, et que ses membres doivent impérativement quitter le pouvoir au 7 février 2026, comme le prévoit la ligne directrice de l’Initiative du 24 avril. Pour l’ancien parlementaire, seul un retour strict aux mécanismes constitutionnels peut éviter la dérive et restaurer l’autorité de l’État.

Il a également mis en lumière les fossés institutionnels creusés par le Conseil présidentiel : paralysie de plusieurs organes publics, incohérences répétées dans la gestion gouvernementale, absence de calendrier électoral viable, multiplication de décisions contradictoires. Ces dérives, souligne-t-il, illustrent précisément pourquoi l’Initiative du 24 avril prône une transition confiée à un juge, « l’unique voie capable de sortir le pays de l’improvisation et du flottement politique ».
Pour donner du poids à cette position, la plateforme KNP annonce le lancement d’une série de mobilisations baptisée “7-7-7”, un dispositif d’actions successives à des moments stratégiques visant à pousser le pouvoir en place à reconnaître son échec et à accepter la voie institutionnelle défendue par l’Initiative du 24 avril.

Installé en avril 2024, le Conseil présidentiel a tenté de réamorcer une dynamique institutionnelle et d’améliorer la coopération internationale. Toutefois, les résultats demeurent peu concluants. L’insécurité persiste, les réformes attendues tardent à se concrétiser, et aucune perspective électorale claire n’a émergé. Malgré quelques initiatives, la gouvernance reste fragmentée et peine à répondre aux urgences nationales.
En définitive, pour l’Initiative du 24 avril et son porte-voix, Jean Renel Sénatus, la solution passe nécessairement par un retour à l’ordre constitutionnel, sous la direction d’un juge de la Cour de cassation, afin d’offrir à Haïti une transition cohérente, légitime et durable.
Dieunel Bellegarde





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